Les industries Jack

Essai routier des remorques Rolling Jack

Source : Paul Laquerre, Directeur en chef de Camping Caravaning

Exactement 16 200 kilomètres, telle est la distance que nous avons parcourue l'hiver dernier avec une remorque sur laquelle prenaient place deux scooters de 400 cc. Parcourir une si longue distance est plutôt rare pour une simple remorque. On pourrait même dire que les deux mois et demi de notre essai routier équivalent à 15 à 20 ans d'utilisation normale. Ce parcours en accéléré a mis en évidence la solidité et les qualités routières de cette remorque nommée Rolling Jack.


test du Rolling-Jack

Les remorques Rolling Jack sont fabriquées à Matane par les Industries Jack, une entreprise connue des amateurs de motoneige et de VTT. Depuis 26 ans, Industries Jack a construit sa renommée en fabriquant une variété de produits haut de gamme : sièges de toutes sortes, bâches, rampes de chargement, trampolines, abris de toile et, bien sûr, des remorques.

La remorque mise à notre disposition était le modèle conçu pour deux motos. Comme toutes les remorques de la firme, la « Double moto » est montée sur un châssis en acier galvanisé pour en assurer la longévité et la résistance à la corrosion. La plateforme sur laquelle prennent place les motos bascule automatiquement au fur et à mesure que l ' on y déplace l a motocyclette. Ce système offre deux avantages. D'abord, exécuter la manœuvre de chargement. Alors que le conducteur, confor tablement assis sur sa selle, avance lentement, la plateforme bascule vers l'avant pour se r et rouver à l'horizontale. Quelques centimètres de plus et la roue avant s'insère dans l'étrier prévu pour l'accueillir. Ensuite, ne reste plus que l'arrimage aux puissants crochets escamotables fixés dans le plancher.


Sous la remorque se trouvent des pneus montés sur des jantes de 30,5 cm (12 po). Le faible diamètre des roues permet de garder la hauteur de la remorque à 45 cm (18 po) seulement, ce qui lui confère un centre de gravité assez bas, gage d'une meilleure tenue de route.

Le côté innovateur des remorques Rolling Jack est d'avoir réussi à concilier légèreté, aspect pratique et solidité dans un même produit. Pour y arriver, Industries Jack a conservé le principe de la bascule pour concevoir le toit de la remorque. Sur un cadre solide, une toile est tendue et maintenue en place par plusieurs sangles ajustables. Pour améliorer l'aérodynamisme, les ingénieurs de l'entreprise ont opté pour un paroi avant aérodynamique, verticale dans le bas et inclinée vers l'arrière dans sa partie supérieure. Sur la route, la résistance au vent est augmentée et les turbulences qui ont tant d'impact sur la consommation de carburant s'en trouvent considérablement réduites.

test du Rolling-Jack

Un mot sur les nombreux tendeurs de toile placés sur tout le pourtour du cadre de la partie supérieure. Leur utilité nous est apparue double. D'une part, ils permettent d'ajuster à la perfection la ten- sion de la toile, rehaussant l'esthétique de l'ensemble. Elle était si bien tendue que de nombreuses personnes rencontrées durant notre voyage éprouvaient le besoin de la toucher pour s'assurer que ce n'était bien qu'une toile tellement elle était exempte de tout faux pli. Par ailleurs, contrairement à une toile lâche qui offre beaucoup de résistance au vent, une toile bien tendue favorise la glisse de l'air ce qui contribue à la réduction de l'effort que doit fournir le véhicule tracteur pour la tirer.

La route

Le véritable test d'un produit est celui qui permet de mesurer comment il remplit sa mission. Dans le cas de la Double moto, il s'agissait d'évaluer comment elle se tirait d'affaire avec deux gros scooters à bord et, surtout, de bien cerner son comportement routier.

Puisque cette remorque était destinée à transporter 2 motos, 6 ancres permettaient d'attacher solidement chacune des motos sur 4 points (2 à l'avant, 2 à l'arrière). Pas une seule fois, les sangles fournies par le manufacturier n'ont failli à la tâche. Notons au passage que les sangles destinées à être enroulées autour des guidons étaient recouvertes d'un manchon moelleux afin de prévenir d'éventuelles égratignures à la carrosserie des motos. Un simple détail, mais combien révélateur de la qualité générale de la remorque. Comme on peut le voir, la double moto offre suffisamment d'espace pour emporter deux motos, peu importe leur grosseur.

Autre point important, sous le passage des roues, le fabricant a pris soin d'installer une bande de métal dont la surface rappelle les écailles de poissons. Cette technique, abondamment utilisée pour empêcher les skis de fond de reculer au cours d'une poussée avant, s'avère ici fort efficace. Cette bande procure une adhérence accrue au pneu arrière, même par temps pluvieux.

Une fois les motos solidement arrimées, il est facile d'abaisser la partie supérieure de la remorque pour tout fermer. De chaque côté, de gros joints de caoutchouc bloquent toute infiltration d'eau oude poussière. À l'arrière, une bande de velcro d'une largeur d'environ 3 cm vient sceller la remorque. Durant notre périple, nous avons été à même d'apprécier l'étanchéité de ce joint. Même après avoir parcouru des kilomètres sur des routes poussiéreuses, les motos étaient aussi propres à l'arrivée au départ.

test du Rolling-Jack

En prenant possession de la Rolling Jack, nous avions été quelque peu surpris de constater que sa suspension était à lames, une technologie datant de plusieurs années. Nous craignions que cela n'altère la qualité du roulement de l'ensemble. Tel ne fut pas le cas, le comportement routier de la remorque s'étant avéré sans faille. Nous avons cependant cru bon de connaitre les raisons qui avaient incité la firme à privilégier une telle suspension. Maurice Lemieux, ingénieur et président de l'entreprise, nous a répondu qu'il était vrai qu'une suspension indépendante présentait des avantages. Elle était cependant plus vulnérable en cas de trajet sur un chemin forestier. De plus, une suspension à lames s'avérait beaucoup plus efficace lorsque le chargement n'était pas réparti de façon égale sur les deux roues, ce qui est le cas lorsqu'une seule moto est chargée.

À notre remarque déplorant que notre remorque utilise des feux de position classiques plutôt que des lampes à diodes électroluminescentes, M. Lemieux nous a annoncé que les nouveaux modèles profiteraient de cette nouvelle technologie. Il faut donc reconnaitre le désir d'Industries Jack de conserver une position d'avant-garde dans le monde des remorques.

Habitués à des essais routiers de quelques kilomètres, les gens d'Industries Jack avaient été quelque peu surpris par notre trajet. Voulant pallier à toute éventualité, ils avaient jugé bon de nous fournir des roulements à billes supplémentaires pour les roues, juste au cas. Après plus de 16 000 kilomètres, nous avons ramené la remorque avec ses roulements d'origine. Pas une seule fois n'avons-nous constaté une chaleur excessive du moyeu des roues. Pas une panne, pas une seule crevaison, si ce n'est une ampoule grillée sur un feu arrière.

Bilan de cet essai : à l'utilisation, on s'aperçoit que chaque détail de la remorque a été scruté, étudié, analysé afin de livrer au consommateur un produit qu'il pourra utiliser longtemps avec satisfaction. Encore une preuve que le savoir-faire québécois sait relever les défis avec brio.

Texte et photos : Paul Laquerre, Directeur en chef de Camping Caravaning